Sous les toits de Paris, Ahcène et Gaëlle découvrent presque par hasard un appartement figé dans le temps. Trois anciennes chambres de bonne réunies au fil des décennies, restées intactes depuis plus de trente ans.
Un lieu vétuste, contraint, inhabitable en l’état… et pourtant immédiatement désirable. Mansardes, triple exposition, tomettes rouges patinées, cadrages sur les toits parisiens : malgré l’ampleur des travaux à prévoir, le charme opère sans détour. « Tout était à refaire, mais le potentiel était évident », confient-ils. Il fallait pourtant oser !
Conscients de l’ampleur du chantier, les propriétaires font rapidement appel à l’agence Atelier Boteko, recommandée par un ami architecte. « En découvrant leur travail en ligne, nous avons été immédiatement séduits. Puis la rencontre a confirmé notre intuition : leur approche sensible et leur manière d’aborder le projet nous ont donné envie de travailler avec eux. »
À l’origine, l’appartement n’était ni fonctionnel ni réellement habitable. L’entrée débouchait sur un couloir étroit et alambiqué, ouvrant directement sur un minuscule module de cuisine. L’accès à la chambre côté cour se faisait par cette même cuisine, tandis qu’une salle d’eau réduite à un simple receveur de douche complétait l’ensemble. Côté rue, deux petites pièces cloisonnées fragmentaient l’espace principal. Tout semblait exigu, contraint, morcelé. L’enjeu était clair : repenser entièrement la configuration pour créer un T2 fluide et confortable, avec une véritable entrée, une grande pièce de vie ouverte sur la cuisine, une chambre généreuse et de nombreux rangements. Plutôt que de lutter contre la modestie des surfaces, Léa Casteigt et Alessandro Baiguera de l’Atelier Boteko ont choisi de travailler par séquences spatiales, en révélant l’esprit du lieu – celui d’un cocon sous les toits, typiquement parisien, compact mais doté de réelles qualités spatiales et matérielles.
La nouvelle pièce de vie est organisée autour d’une cuisine volontairement discrète, réalisée sur mesure en bois peint en blanc. Technique et fonctionnelle, elle s’efface pour devenir la toile de fond du séjour. En contrepoint, l’îlot central s’impose comme la pièce maîtresse du projet : conçu en hêtre massif brut, il structure l’espace et délimite, côté fenêtre, un coin repas baigné de lumière. L’entrée est redessinée pour accueillir des rangements intégrés et s’ouvre désormais sur un espace bureau, installé dans l’ancienne cuisine. Une manière subtile d’optimiser chaque mètre carré tout en clarifiant les usages. La chambre se déploie comme une suite, largement ouverte sur une salle de bains attenante. La baignoire prend place sous les fenêtres, offrant une vue directe sur le ciel et les toits alentour. Le parti pris est celui d’un style sobre et intemporel, sans effet superflu, créant une atmosphère presque hôtelière, douce et enveloppante.
Au final, l’appartement révèle une élégance calme, fondée sur l’équilibre et la précision. « L’Atelier Boteko a su jouer avec le charme du lieu, préserver la lumière et même en faire entrer davantage », confient Ahcène et Gaëlle. Deux espaces clairement identifiés – jour et nuit –, des perspectives maîtrisées, des rangements omniprésents et un sentiment d’espace amplifié. Un projet sans effets de manche, où chaque décision semble évidente. Et surtout, un intérieur pensé pour être habité, longtemps.





























