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57 m² à Paris : une verrière comme colonne vertébrale

Le défi : créer une pièce en plus sans sacrifier la lumière 57 m² Paris, France 73 000 € Industriel 2 pièces Meraki Architecture & Mathieu Durbec

Dans cet appartement de 57 mètres carrés situé dans le quartier du Télégraphe à Paris, la rénovation (signée Taïna Pichon de Meraki Architecture et Mathieu Durbec de MDA) s'appuie sur les qualités d'origine des constructions des années 1970 : une structure souple, une généreuse façade vitrée au sud et une lumière omniprésente.
Dès l’entrée, les menuiseries sur mesure annoncent le vocabulaire du projet. Un banc intégré, des rangements toute hauteur et un miroir pleine largeur composent une séquence d’accueil à la fois fonctionnelle et graphique.

Ni cloison ni meuble, la verrière en pin maritime cérusé noir occupe une position intermédiaire. Sa trame régulière rythme les perspectives et laisse filer le regard jusqu’au cœur de l’appartement.

Une fois les portes ouvertes, la menuiserie révèle une succession de fonctions dissimulées : bibliothèque, rangements, cave à spiritueux et espace de travail. Une manière d’intégrer un programme dense sans surcharger visuellement les espaces.

Installé dans l’épaisseur de la verrière, le bureau bénéficie d’un véritable espace dédié tout en restant connecté à la vie de l’appartement. Pour ne pas encombrer les vues traversantes, les étagères se réduisent progressivement à mesure qu’elles rejoignent les montants de la structure, dans un jeu d’ajustement précis entre mobilier et architecture.

Taïna Pichon et Mathieu Durbec ont conçu l’ensemble du projet autour d’une idée

simple : remplacer le couloir par un espace habité capable d’accueillir de nouveaux usages sans cloisonner davantage l’appartement.

Contrastant avec le parquet restauré, la verrière accompagne l’ensemble du parcours domestique. Elle compose une ligne de force qui unifie les espaces et filtre la lumière sans jamais l’interrompre.

Ouverte sur le séjour, la cuisine retrouve une place centrale dans l’appartement. Son dessin épuré laisse la priorité à la lumière et aux vues vers l’extérieur.

Le polycarbonate introduit une lumière diffuse dans les sanitaires et les espaces techniques tout en préservant leur intimité. Sa translucidité crée un contraste subtil avec la présence plus affirmée du bois cérusé.

Derrière la verrière, les sanitaires s’inscrivent dans la bande technique qui traverse l’appartement. Cette organisation permet de réserver les espaces les plus lumineux aux pièces de vie tout en simplifiant les circulations.

La rénovation révèle la structure existante en mettant à nu la poutre et le voile porteur en béton qui traversent la pièce. Ces éléments bruts dialoguent avec le dessin précis des nouvelles menuiseries.

Dans la chambre, les tonalités sombres des murs renforcent l’atmosphère feutrée de la pièce. Les portes miroir du dressing prolongent les perspectives et diffusent la lumière naturelle jusque dans les recoins de la pièce.
La salle de bains, entièrement recouverte de petits carreaux en grès cérame, adopte une écriture volontairement sobre. Ses lignes épurées composent une atmosphère calme, en retrait de l’expressivité graphique du séjour.

La texture mate et la couleur sombre du grès cérame teinté dans la masse sont adoucies par la présence de plateaux en bois ainsi que par les courbes du miroir et de l’applique murale.

Béton brut Bibliothèque Bois Cuisine ouverte Miroir Verrière

Photographies : Matthieu Torres
Texte : Coline Jacquet

Réalisation : Meraki Architecture & Mathieu Durbec