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“La cabane volante”, le loft minimaliste de 60 m² par Forall Studio

Du béton ciré lisse pour un appartement plein d’aspérités.Hier, des bureaux administratifs, aujourd’hui un appartement de 60 m² en rez-de-chaussée entièrement repensé par l'agence d'architecture Forall Studio.

Évolutif grâce à sa mezzanine en lévitation, il abrite un bureau mais pourquoi pas d’ici quelques temps, une chambre d’enfant ? Désolé pour ceux qui l’aurait bien racheté, le couple qui y réside s’y sent si bien qu’il a l’intention d’y rester longtemps !

Comment faire d’une coquille vide avec ses contraintes et ses nécessités imposées, un lieu de vie unique où il fait bon habiter ? Afin de relever ce défi, l’agence d’architecture d’intérieur Forall s’est décidée de jouer les marieuses unissant dans une même harmonie les contraires qui s’attirent : la fraicheur du béton et la chaleur du chêne, la masse austère du sol et la gracieuse envolée de l’escalier.

La beauté ! Léger comme une plume mais pratique comme pas deux. Inspirées des escaliers à pas japonais mais sans en avoir adopté la raideur, les marches en porte-à-faux qui mènent à la mezzanine semblent comme flotter dans les airs. Elles s’appuient pourtant sur des placards réalisés sur mesure. Pas de rampe, pas de poignée. Zen, soyons zen.

Afin de parfaire le décor, autour du canapé d’angle modulable Muji, le tapis Aitta de la marque finlandaise Finarte, les coussins Nomess Optical Memory et les tables basses LCDA en béton léger écrivent une partition « Entre gris clair et gris foncé ».

Créée de toutes pièces avec l’intention d’optimiser l’imposante hauteur sous plafond, cette mezzanine suspendue a la particularité de ne reposer sur aucun pilier. Sa splendide allure céleste est une vraie prouesse architecturale. De plus, dessinée en diagonale elle s’amuse à perturber volontairement l’espace et à proposer ainsi des points de vue différents selon où l’on se place.

Travailler en ayant un œil dedans-dehors. Prendre de la hauteur et quitter le nid sans y renoncer, voilà la proposition faite par ce bureau installé en mezzanine. Ni tout à fait là, ni tout à fait ailleurs mais drôlement agréable à fréquenter pour s’inspirer !

La pièce principale déroule son sol de béton ciré sur l’intégralité de sa longueur. Mais chaque espace est pourtant franchement délimité. Au fond, toute en discrétion, la cuisine a trouvé où se nicher tandis qu’autour de la table à manger se sont installées en majesté les chaises MB réalisées par le père du propriétaire, ébéniste de métier.

Derrière ses caissons Ikea blancs, la cuisine cache des trésors d’ingéniosité : chaudière, hotte, électroménager…. Pour faire écho au sol, le béton de sa crédence a été traité antitâches. Quant à son plan de travail en chêne, il a été imaginé comme s’il se déroulait jusqu’à venir s’épanouir en table de salle à manger. Ne restait plus qu’à l’éclairer avec des ampoules à filament Sylvania. Le dîner peut commencer !

Cette applique de LED en plâtre à peindre, posée à la croisée des chemins du béton s’intègre parfaitement dans ce style indus-chic.

Un panneau coulissant joue les hommes invisibles, séparant quand bon lui semble, le coin nuit et salle de bain du reste de l’appartement. Ouvert, il permet une circulation fluide tel un couloir délimité par la bibliothèque.

Le souhait des propriétaires était de ne pas déroger au plaisir de rester connectés au monde, même sous la couette. L’écran plat de télévision a donc tout naturellement trouvé sa place dans cette construction sur mesure qui, comme un baldaquin des temps modernes, vient isoler la chambre du reste de l’univers.

D’un côté la chambre et son ciel de lit, de l’autre un secrétaire particulier et dans le fond, le potager du roi et de la reine des lieux. Logique ! (Chaise Lyre Garouste et Bonetti).

Coup de bol ! Les bols d’Armelle Benoit ont tout de suite trouvé leur place dans cet appartement inspiré.

Échoué dans l’une des niches de la bibliothèque-banquise, ce petit pingouin fait maison se réchauffe auprès de la lampe à LED Fatboy.

Telle une sentinelle malicieuse et gourmande, ce robot de récup’ signé Pierre Prevost veille silencieusement sur les lieux.

Photographies : Fabienne Delafraye
Texte : Veronick Dokan

Réalisation : Studio Forall, http://forallstudio.com/