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Le magazine des intérieurs urbains inspirants de 15 à 70 m²

Belle colline, 45 m² à Paris

L'appartement élégant de Nina et Alexis. On est venu, il faisait beau, on a vu la Tour Eiffel, on s’est dit c’est chez nous. Et voilà. C’est ainsi que Nina et Alexis ont acheté leur premier appartement il y a quelques mois, dans le quartier Pyrénées-Jourdain, sur les hauteurs de Paris. Idéalement, ils auraient voulu rester dans le 11ème où ils sont restés locataires pendant 5 ans. Mais pas simple d’investir à Paris quand on est primo-accédant. Ils décident d’élargir leur périmètre. Jusqu’en banlieue, voire Marseille pour le compagnon de Nina. Mais pour elle, pas question. Elle adore la capitale et compte bien y rester. Sa zone de recherche ? Les arrondissements de l’Est qu’elle aime beaucoup pour leur ambiance mixte, 10ème, 11ème, 19ème et 20ème. Et elle prend Alexis de vitesse, Il était 10 fois plus lent que mois pour décrocher des visites ! Après un mois de recherches menées tambour battant par Nina, ils ont un coup de cœur en franchissant la porte d’un 45 m² sur les hauts de Belleville. L’immeuble n’est pas de première jeunesse, comme souvent à Paris, mais il est élégant et de bonne facture. Et comme mon mec était dedans direct, je me suis dit « on y va », je ne prends pas le risque de repartir dans un cycle.

À la base, c’est un 3 pièces, avec une verrière qui sépare le séjour en deux. Mais comme Nina et Alexis n’ont pas d’enfant car ils veulent se laisser un peu de temps, ils décident de recréer une grande pièce de vie. C’est leur seule intervention sur le plan. Mais ensuite ils « pimpent » tout, pour reprendre les mots de Nina, avec l’aide de sa belle-sœur, Natacha Coppé, co-fondatrice de l'agence Thynk+. Pour rester dans le budget qui lui est confié, l'architecte conseille à Nina de s’appuyer au maximum sur l’existant, qui est dans un état très correct, L’appart n’était pas pourri, ce n’était pas un truc de vieux avec de la moquette sur les murs. Mais c’était juste pas mon style lance Nina. Quelques interventions bien senties vont donc se charger de créer un environnement Nina compatible.

Pour tomber juste, la belle-sœur de Nina se met à l’écoute de ses clients, recueille leurs attentes en termes de fonctionnalité, leur suggère des ambiances : Elle m’a emmené dans des endroits où je ne serais pas allé. Elle m’a même recommandé des meubles, et tout fonctionne hyper bien ensemble ! Nina s’investit à fond dans cette période « d’incubation » : J’ai une sensibilité déco. Mon père est réalisateur, ma mère institutrice, mais ils adorent la décoration, le design. Donc j’ai baigné dans cet univers. J’adore ça ! Le « chez soi », c’est hyper important pour moi ! Quand le projet est ficelé, ils peuvent lancer les travaux. Ils démarrent en mai 2020 et se terminent en Juillet. Deux mois en tout et pour tout, avec quelques difficultés d’approvisionnement liées à la désorganisation du premier confinement. Mais le résultat est à la hauteur des espérances : un grand séjour lumineux pour recevoir, une circulation fluide et une chambre comme un cocon. Alexis est très heureux, la taille de l’appart’ lui va très bien. Et le quartier aussi. On a appris à le connaître en y déménageant. En ce moment, beaucoup de choses sont fermées et c’est dommage car il regorge de propositions. Mais déjà, tous les matins, je vais courir aux Buttes Chaumont. Et je vais souvent me promener à la campagne à Paris, à la Mouzaïa… Sinon je reste chez moi. J’adore être chez moi ! Donc pour l’instant, je ne subis pas trop la Covid. Pourvu que ça dure ! C’est aussi ça, la force d’un endroit bien aménagé ! On le découvre ensemble.

C’était mi-mars, le début du printemps et les premières pelouses pour les parisiens après de longs mois d’interdiction et d’hiver. C’est aussi un des buts favoris de balade pour Nina, à quelques minutes de chez elle.

Nous voici dans l’entrée qui se prolonge en cuisine-couloir sur la droite. À gauche, l’ouverture encadrée de bois nous conduit au séjour.

Nous découvrons le séjour où règne une atmosphère de douceur grâce aux tons crèmes de la pièce et les touches de rondeurs apportées par le mobilier. À commencer par l’arche du superbe placard bibliothèque qui sert de toile de fond au décor. Rondeurs que l’on retrouve dans les formes des chaises de Willy Rizzo, de la table par le duo de designer Guillerme et Chambron ou des tabourets. Nina souhaitait investir dans du beau mobilier. « Ça ne sert à rien de faire un bel appart si on n’a pas de beau mobilier. Et je sais que je ne m’en lasserai jamais. Je préfère acheter une bonne fois pour toute.»

Focus sur l’arche de la bibliothèque. Le jeu de teintes entre le vernis de la table, le cuir des chaises et le crème du grand meuble en fond de pièce fonctionne parfaitement.

À gauche de l’arche, comme des colonnes en défonce, des ouvertures propices à l’exposition de beaux objets.

La vue vers la fenêtre et le mur sur rue. Plutôt que d’encadrer chaque fenêtre d’une paire de rideaux, un grand rideau central a été imaginé. Il couvre l’intégralité du mur, mais quand il est replié, joue le rôle d’une tapisserie murale qui accentue l’effet de douceur de la pièce principale.

Pour le plaisir des yeux. La table lustrée de lumière. Avec dans son prolongement, le rideau-tapisserie et une belle composition florale.

Nous continuons notre exploration de la pièce vers le salon, en faisant une halte pour détailler cette belle composition qui assure la transition entre les deux espaces du séjour. Un légumier, un bougeoir et une potiche en terre cuite s’épanouissent sur les tables gigognes Romy par AM.PM.

Et voici le salon. Au pied du superbe lampadaire italien Diabolo par Stilnovo, un porte revue Kartell, du designer Giotto Stoppino.

Le salon dans son ensemble avec une très belle table basse vintage, un ancien modèle de chez Roche Bobois, chinée sur leboncoin par Nina. Je voulais une table basse en travertin. J’en avais assez des tables en verre ! Au-dessus du canapé Mags par Hay, choisi pour son confort, un tableau peint par le père de Nina dans une veine constructiviste.

Sur la table basse, comme un écho au tableau du papa de Nina, un livre sur Le Corbusier.

 

Le salon dans la longueur. On remarque à nouveau le subtil jeu de courbes, entre celles du tapis, de la table basse, du canapé, jusqu’aux formes arrondies dans le tableau qui viennent équilibrer les formes plus rectangulaires !

À droite de l’ouverture, on remarque la belle enfilade sur laquelle on a posé une lampe de table chinée dans la galerie de design de Marine Edith Crosta dont le pied évoque un tronc d’arbre. Elle a été offerte par Alexis à Nina pour ses 30 ans. Elle l’adore, et on la comprend.

Avant de franchir l’ouverture, nous remarquons la belle photographie de Roger Kasparian, posée contre le mur.

La vue vers le salon depuis la cuisine circulante qui conduit à l’espace “nuit”. Une bonne idée d’optimisation en donnant à ses mètres carrés une double fonction. La cuisine était déjà là, et c’était très bien. On l’a rafraîchie et changé les portes, les poignées, et la robinetterie. On a aussi remplacé les spots pour retrouver une homogénéité lumineuse. Parce qu’avant, ils avaient des températures de couleur différentes, ce qui créait un effet bizarre nous explique Nina. Sous un spot justement, une photographie de la Cité Radieuse “Le Corbusier” par le père de Nina !

Au dessus de l’évier encastré dans un plan en Quartz, une étagère Tomado, pour ranger tout en élégance.

La vue de la cuisine circulante vers l’espace “nuit”. On remarquera au passage l’élégant coffrage de la chaudière, un nouvel élément de menuiserie dessiné par l’architecte. Il y a peut-être des chaudières belles, mais la mienne est moche estime Nina. Le coffrage camoufle donc l’équipement tout en lui conservant un accès très facile pour la maintenance.

Derrière l’ouverture encadrée de bois qui fait pendant à celle du salon, un palier qui dessert la chambre et la salle de bain.

Focus sur la belle photo de l’atelier Brancusi par Thibault de Shepper qui habille le palier.

Sur notre droite, la salle de bain. L’ensemble du mobilier et des équipements a été remplacé, mais le carrelage a été conservé. On a trouvé qu’il était bien, donc on n’y a pas touché.

Et voici la chambre avec son lit qui semble posé au milieu d’un paysage qui évoque l’Inde. Ma belle soeur m’a dit que la chambre, de petite dimension, risquait de créer un effet “cube blanc” si on ne l’habillait pas. Elle m’a donc proposé un papier-peint panoramique pour l’agrandir. À la base c’est pas mon truc, je lui ai dit “et si je me lasse ?” elle m’a répondu : “tu changeras !” Elle m’a fait une sélection et j’ai flashé. Je l’adore mais je garde la référence pour moi, pour ne pas le voir ailleurs, c’est mon caprice !.

La vue vers la fenêtre. Les coussins, dans un esprit Persan, s’accordent parfaitement à la composition

De l’autre côté, on remarque la lampe de chevet Marselis par Hay. Le miroir arrondi forme comme une fenêtre ouverte sur la nature.

Focus sur la table de chevet avec sa composition florale chatoyante.

En face du lit, un grand meuble de rangement sur mesure dans des tons suaves. Il intègre une belle niche pour alléger l’ensemble et donner vie à ce pan de mur.

Et voici Nina, l’inspiratrice des lieux !

Les adresses “les yeux fermés” de Nina :
 
Un café, un verre : Au Moncoeur Belleville – 1 Rue des Envierges, 75020 Paris
 
Une envie de gastronomie asiatique : Ama Siam – 49, rue de belleville, 75019 Paris
 
Des fleurs à offrir : Madame Juliette – 1 rue Lassus, 75019 Paris

Photographies : Agathe Tissier-Dumont, http://agathetissier.com/
Texte : Jean Desportes

Réalisation : Natacha Coppé - agence Thynk+