Au sixième étage d’un immeuble construit en 1968, Manon et Paul ont imaginé un appartement parisien traversé par une autre lumière : celle du Sud. Avec l’architecte Thierry Peltrault, le couple a transformé un deux-pièces délaissé en un lieu solaire, coloré et fluide, pensé pour accompagner leur quotidien autant que leurs envies d’évasion.
À première vue, rien ne semblait vraiment séduisant dans cet appartement de 62 mètres carrés resté figé dans l’esprit des années 1960. Moquette collée sur le parquet d’origine, papiers peints datés, absence de rangements, distribution cloisonnée… Mais pour Manon et Paul, c’est précisément ce qui faisait son intérêt. « On voulait vraiment faire des travaux pour s’approprier le lieu », racontent-ils aujourd’hui. Avant même l’achat, ils visitent le bien avec l’architecte Thierry Peltrault. Très vite, tous trois identifient le potentiel de ce deux-pièces situé au sixième étage plein sud. « Les bons projets se font avant l’achat », résume l’architecte.
Le couple ne vivait pas encore dans le quartier, mais y avait déjà quelques attaches, des amis, des habitudes naissantes. Leur cahier des charges était, lui, très clair : un étage élevé, peu de vis-à-vis, beaucoup de lumière et surtout la possibilité de créer une seconde chambre pour leur fille Brune, sans sacrifier les volumes. C’est autour de ce souhait que le projet s’est construit.
L’intervention la plus importante concerne l’ancienne organisation du séjour et de la cuisine, autrefois séparés par une cloison. La cuisine a été entièrement repensée afin de mieux dialoguer avec les espaces de vie et de libérer les circulations. La salle d’eau, elle, a conservé son emplacement mais a été reconfigurée dans ses usages. Plus largement, tout le projet a été envisagé comme une réécriture complète de l’appartement. « Thierry nous avait proposé trois versions très différentes. On a choisi la plus osée », sourit le couple, qui évoque des échanges très fluides tout au long du chantier.
Très vite, une direction esthétique commune s’impose : celle d’un appartement lumineux, chaleureux et méditerranéen, presque en décalage avec son environnement urbain parisien. « On voulait un côté Sud, coloré », explique Manon, qui a grandi en Espagne et reste attachée à cette manière particulière qu’ont certains intérieurs de capter la lumière. Le choix d’un sol en jonc de mer dans tout l’appartement, les tonalités brique de la cuisine ou encore les bleus pâle et outremer des pièces d’eau participent à cette atmosphère solaire et apaisée.
Thierry Peltrault revendique d’ailleurs une approche très contextualisée : « Je ne reproduis jamais deux fois la même chose. » Ici, l’enjeu était moins de signer un intérieur démonstratif que de créer une ambiance cohérente, pratique et durable. Bibliothèque intégrée, nombreux rangements, mobilier contemporain choisi au fil de coups de cœur : l’appartement s’est construit progressivement, presque naturellement. Aujourd’hui, Manon et Paul disent surtout ne jamais se lasser de cette sensation d’espace et de lumière permanente. « Même à Paris, on a l’impression d’être ailleurs », confient-ils. Comme si cet appartement suspendu au-dessus de la ville avait réussi à faire entrer un peu de Méditerranée dans leur quotidien.



































