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À Paris, 30 m² sous dopamine

Dans le 13e arrondissement de Paris, l’architecte d’intérieur Justine Guillermou fait de ses 30 mètres carrés un manifeste haut en couleur. Ici, l’esprit Rainbow Shaker – le nom de son agence – se déploie sans retenue. Motifs graphiques et mobilier chiné donnent au lieu une générosité qui ne laisse rien deviner de ses moyens.
 
Car oui, vous avez bien lu : la métamorphose s’est jouée sous la barre des 7 000 euros. D’autant qu’avant de faire vibrer les murs, il faut commencer par réparer ce qui ne se voit pas. Derrière une rénovation récente, le studio cache une importante infiltration entre la salle d’eau et l’espace nuit, tandis que l’humidité impose de reprendre la ventilation.
 
Une fois le lieu assaini, Justine préfère composer avec ce qui est déjà là. Le rose de la pièce d’eau, la niche bleu profond ou la porte jaune deviennent les premières notes d’un projet plus libre, porté par le mouvement Memphis et l’exubérance des années 1980 et 1990. L’enjeu dépasse alors vite le simple jeu. Pour Justine, il s’agit de « prouver qu’une surface réduite peut être vibrante et riche en dopamine sans devenir étouffante », mais aussi que la générosité n’est pas une affaire de grands moyens.
 
Alors, plutôt qu’acheter, Justine chine. Seul le meuble d’entrée est dessiné sur mesure. Ailleurs, Emmaüs et Leboncoin remplacent les catalogues. Une manière de faire tenir ensemble les deux fils du projet : « La joie et la responsabilité ! » Sur les murs, le bonheur trouve sa géométrie. La couleur s’étire en motifs qui accompagnent les passages et brouillent doucement la perception des volumes. De quoi faire de ces 30 mètres carrés « une maison où formes graphiques, textures ludiques et contrastes vifs donnent toute sa vitalité
au lieu ».
 
Dehors, le studio gagne encore du terrain. « Le jardin devait être traité comme une pièce à part entière, dans le prolongement naturel de l’atmosphère intérieure », évoque Justine. Plus vastes que l’appartement lui-même, ses 40 mètres carrés jusque-là délaissés sont confiés à Maison CELA et retrouvent enfin leur place dans le projet. La couleur peut désormais filer du seuil jusqu’au fond du jardin.

La façade des années 1960 impose sa trame, régulière et presque imperturbable. Derrière, chacun est libre d’écrire sa propre histoire.

Dans le hall, les noms s’alignent sur les boîtes aux lettres. Premier indice que, sous l’unité de l’ensemble, chacun cultive sa singularité.

Chez Justine, cela ne tarde pas à se montrer ! L’appartement s’ouvre d’un seul mouvement, baigné de couleurs qui accrochent le regard sans jamais casser la perspective vers le jardin.
Dans la salle d’eau, même les mètres carrés les plus techniques prennent part au jeu.

Les carreaux au sol sont conservés, tandis que le bleu s’élargit en arche, croisé par de grands aplats vert d’eau et jaune.

Seul dessin sur mesure du projet, le meuble d’entrée fait du seuil un petit fragment d’architecture. Bois clair et niches ouvertes y mêlent rangement et couleur avec légèreté.

Ici, chaque couleur a son rôle à jouer. Le bleu étire la profondeur, le vert dessine une frontière plus douce autour du canapé. Et le jaune se fait halo autour de l’applique.

Ici, tout se tient dans le même regard. Cuisine, salon et coin repas se partagent les 30 mètres carrés sans perdre leur personnalité.

Dans le salon, la couleur change d’échelle. Le lilas glisse du mur au plafond pour envelopper le coin détente, tandis que le mobilier chiné compose un paysage libre. Ici, rien ne cherche l’accord parfait. C’est justement dans ce léger décalage que la pièce trouve son rythme.

Au cœur de ce décor pensé pour elle-même, Justine Guillermou, fondatrice de Rainbow Shaker, semble en prolonger la palette. Chez elle, la couleur raconte autant un tempérament joyeux et instinctif qu’une véritable signature.

La palette fait le lien et glisse d’un usage à l’autre. Côté cuisine, le linéaire blanc sert de toile de fond à un jeu beaucoup plus libre.

Depuis la pièce de vie, le regard file déjà vers le jardin, cadré par les grandes baies. Mais avant de franchir le seuil, petit détour par la chambre.

Ici, la couleur resserre doucement l’espace. Le damier étire le mur de tête, tandis que le lilas du plafond répond au corail voisin.

La verrière maintient le lien avec la pièce de vie sans sacrifier l’intimité.
La baie vitrée ouvre largement la perspective sur le jardin et laisse le réveil se faire au rythme de la lumière et du vert.
Le jardin prend le relais comme une pièce à ciel ouvert, plus vaste que le studio lui-même et pensée dans le même élan de couleur et de convivialité.
Les adresses « Les yeux fermés » de Justine 
 

Pour un verre qui s’éternise

LE GORILLE

1 rue Xaintrailles, 75013 Paris

Un bar de quartier chaleureux, parfait pour un afterwork entre amis : cocktails, vins et assiettes à partager, dans une ambiance toujours détendue.

@legorilleparis13
 

Pour un déjeuner fait maison

CAJOU

101 rue du Chevaleret, 75013 Paris

Mon café-cantine préféré, idéal pour une pause gourmande le midi ou un café en terrasse. Une adresse simple et généreuse, comme on les aime !

@cajoucafecantine
 

Pour une gourmandise qui sort de l’ordinaire

AUPA CAMINITO

31 rue Cantagrel, 75013 Paris

Ici, le burger se glisse dans un croissant ! Une idée aussi improbable que délicieuse, à tester absolument.

@aupa.caminito

Banquette Bois Cuisine ouverte Jardin Mur coloré Peinture

Photographies : Valerio Geraci
Texte : Inès Haget

Réalisation : Rainbow Shaker