Azelle est infirmière et sexologue ; Hugo éducateur spécialisé. Montreuillois de longue date, ils ont longtemps vécu dans un F2 de 36 mètres carrés. Avec l’arrivée de Marcel, leur fils, les murs se sont soudain rapprochés.
Lorsqu’ils apprennent que l’appartement voisin est à vendre, ils tentent un pari : acheter sans savoir si la copropriété acceptera la réunion des deux lots. « C’était un petit coup de poker mais l’opportunité était trop belle », explique Azelle. Ils confient le projet à Imast Architecture, fondé par Endza Zabounian et Erwan Lanoue. « Dès la première visite on s’est dit qu’il fallait ouvrir au maximum l’appartement existant pour en faire la pièce de vie et intimiser le second, le réserver à la partie nuit », explique le tandem d’architectes. Ce postulat structure tout le projet : la lumière d’ouest pour vivre, l’orientation nord pour dormir. Et Azelle d’ajouter : « On voulait vivre là où la lumière est la plus belle ! »
Le premier plan propose trois chambres, un T4 compact, mais le coût dépasse l’enveloppe budgétaire. Le projet se recentre sur un T3 plus fluide, avec un espace de vie plus généreux. Côté cuisine, une contrainte technique devient l’élément structurant de la pièce de vie : impossible à déplacer ou à dissimuler, cette colonne d’eau de l’immeuble est carrelée et mise en scène. Surnommée
« Le dinosaure » sur le chantier, elle est devenue la signature de la cuisine. L’îlot apparaît comme le point de rencontre, la bibliothèque-couloir le lien entre les deux anciens appartements et le carreau de 5 × 5 centimètres en grès cérame Winckelmans le fil conducteur de cette réunification. Autour de lui, la palette — vieux rose, vert australien ou sauge et blanc — rythme les espaces, affirme une identité douce mais marquée.
Aujourd’hui, l’appartement est pensé pour recevoir, circuler, s’asseoir, se croiser. « Il est accueillant, familial. Mais surtout, il nous ressemble », conclut Azelle.

































