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L’Œil de Sloft du 16 avril 2026

La sélection d'actus archi, design, art et déco par Sloft

L’Œil de Sloft vous propose une sélection resserrée et forcément subjective des informations qui circulent dans l’univers archi, design, art et déco, avec une inclination particulière pour les initiatives innovantes. Au menu de cette quinzaine :

  • Le vase comme terrain d’expérimentation :« Créer un vase »

  • Une exposition où l’image se fissure : « Prom »

  • BoConcept revisite la douceur du design danois : « Catskills »

Le vase comme terrain d’expérimentation :

« Créer un vase »

 

Objet familier entre tous, le vase semble d’emblée relever d’un vocabulaire formel déjà bien établi. C’est pourtant ce caractère presque acquis que le Centre national des arts plastiques choisit d’interroger avec « Créer un vase », une commande publique confiée à dix designers invités à en renouveler les contours. Pensé comme un espace de recherche, le projet donne lieu à une pluralité d’approches où le vase devient tour à tour sculpture, manifeste ou outil critique, révélant la richesse des pratiques contemporaines. À travers les propositions de designers comme Jacques Averna, Lorie Bayen El-Kaïm et Lauriane Carra, Enzo Bosse ou encore le duo Marie et Alexandre, l’objet se transforme en terrain d’expérimentation, entre exploration des matériaux, hybridation des techniques et dialogue avec les savoir-faire. En intégrant également esquisses, maquettes et archives de fabrication, la commande met en lumière le processus même de création, faisant du vase un véritable laboratoire du design. À découvrir à la Platine de la Cité du design à Saint-Étienne du 28 avril au 20 septembre 2026, puis au Jardin des métiers d’Art et du Design à Sèvres du 16 octobre 2026 au 28 février 2027, avant une présentation à La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent à Roubaix de juin à novembre 2027. Une manière de rappeler qu’au fond, même les formes les plus ordinaires restent des terrains fertiles pour penser le monde d’aujourd’hui.

 

CNAP

 

Marie et Alexandre, Vases acoustiques, 2024.

Acier galvanisé et peinture de carrosserie.

Collection du Centre national des arts plastiques.

© Marie et Alexandre / Cnap. Photographie : Rebecca Deubner

Une exposition où l’image se fissure :

« Prom »

 

À première vue, le cinéma apparaît comme un espace de projection, un lieu où l’on s’abandonne aux images sans toujours interroger les dispositifs qui les produisent. C’est précisément cette évidence que vient fissurer Diego Marcon. Du 1er avril au 19 juillet 2026, avec « Prom » à Lafayette Anticipations, l’artiste transforme la fondation en un cinéma hybride, mêlant les codes du théâtre à l’italienne et ceux des salles contemporaines, où l’on vient autant pour voir que pour être vu. À travers quatre films empruntant au mélodrame, au burlesque ou encore à l’horreur, il explore les mécanismes de fabrication des émotions, installant ses récits dans l’intimité du foyer pour mieux en révéler les normes et les tabous. Mais derrière ces situations en apparence familières, quelque chose se dérègle, le grotesque affleure, la violence s’immisce, et les affects oscillent entre empathie et malaise. En exposant les coulisses, prothèses, animatroniques, fragments de décor, l’exposition ne se contente pas de briser l’illusion, elle en interroge les conditions mêmes de possibilité, mettant à l’épreuve la confiance que nous accordons aux images. Comme un bal de fin d’année dont le rituel aurait perdu sa lisibilité, « Prom » rejoue moins un passage à l’âge adulte qu’un trouble persistant, celui d’une image qui, à force de se dévoiler, ne dit jamais tout à fait la vérité. Allez voir par vous-même, ça vaut le détour.

 

LAFAYETTE ANTICIPATIONS

 

© Aurélien Mole

BoConcept revisite la douceur du design danois :

« Catskills »

 

On associe souvent le design danois à une esthétique rigoureuse, faite de lignes nettes et de fonctionnalité maîtrisée. Avec « Catskills », BoConcept en propose une interprétation plus enveloppante, où les formes s’assouplissent et les sensations prennent une place centrale. La collection introduit un langage plus organique, porté par des teintes pastel, des matières réconfortantes et des volumes arrondis, pensés pour instaurer une atmosphère apaisée. Entre bleus délicats, nuances poudrées et tons naturels, la palette diffuse une lumière douce, tandis que les textures, à la fois veloutées et généreuses, accentuent l’idée d’un intérieur conçu comme un refuge. Développée avec Helena Christensen, directrice artistique de BoConcept, la ligne s’inspire des paysages de l’État de New York et traduit une approche sensible du design, où chaque pièce convoque une forme d’émotion. Au cœur de la collection, le fauteuil Catskills et son pouf se distinguent par leurs lignes arrondies et leur confort immédiat, offrant une expérience presque immersive. Autour de cette pièce centrale, une série d’accessoires et de déclinaisons personnalisables vient enrichir l’ensemble, permettant à chacun d’adapter son intérieur selon ses envies. Une façon pour BoConcept d’affirmer que le design dépasse aujourd’hui la simple fonction pour devenir un véritable vecteur de sensations.

 

BOCONCEPT


Texte : Yamina Benahmed