Sollicitée par un couple de passionnés de cuisine, Anna Leymergie, d’Otso Studio, s’inspire de l’imaginaire architectural de la cabane perchée et de la serre jardinée pour rénover un appartement parisien situé sous les toits.
Véritable affaire de gourmets, l’histoire de ce projet débute sur l’île de Noirmoutier, à la table de l’hôtel-restaurant du chef triplement étoilé Alexandre Couillon. Déjà séduits par les mets qu’on leur présente, Zoé et Ivan sont conquis par l’architecture d’intérieur de l’établissement, dessiné par Otso Studio. Le couple, à la recherche d’un professionnel pour rénover l’appartement parisien qu’il vient d’acquérir, contacte donc sans hésiter Anna Leymergie et Lancelot Letellier, fondateurs dudit studio d’architecture.
Situé au sixième et dernier étage d’un immeuble du 10e arrondissement, l’appartement est en mauvais état. « Un long couloir faisait perdre beaucoup de mètres carrés. Comme l’espace était très divisé, la lumière ne traversait pas. Les matériaux n’étaient pas de grande qualité et il n’y avait quasiment pas d’isolation. Le lieu avait pourtant un potentiel immense, Zoé et Ivan l’avaient senti et ils étaient prêts à tout mettre par terre, même si cela risquait de prendre du temps », se remémore Anna.
Avant de songer aux travaux à venir, l’architecte souhaite mieux comprendre le mode de vie et les attentes de ses clients. « Nous demandons toujours à nos clients de nous décrire une journée type en semaine et en week-end. Zoé et Ivan nous ont répondu avec beaucoup de détails. Il en est ressorti que la cuisine était la pièce la plus importante pour eux. Nous avons donc soigneusement réfléchi au plan de cette dernière. Il fallait qu’ils puissent être à deux en cuisine sans se déranger et que la table à manger soit à proximité pour échanger avec leurs convives », se souvient-elle. Otso Studio intervertit donc salon et cuisine afin de rendre cette dernière plus centrale. Une modification qui permet également de consacrer au salon les deux fenêtres exposées sud de l’appartement. « La pièce à vivre présentait de grandes fenêtres. Nous l’avons pensée comme une plateforme ouverte sur le ciel et la ville, habillée d’un parquet blanc pour gagner en luminosité. » Les chambres ne possédant que des fenêtres de toit, le coin nuit est quant à lui conçu comme un refuge par Anna qui opte ici pour des matériaux chaleureux.
Pour Zoé et Ivan, le temps consacré à la toilette est également important. « La salle de bains était petite et ils souhaitaient un espace plus grand, lumineux, dans lequel on puisse passer du temps sans se sentir dans une “petite boîte” comme c’est souvent le cas à Paris », explique Anna, qui y parvient en optimisant le couloir. L’architecte y définit deux zones : l’une humide, constituée d’une baignoire et d’une douche; et l’autre sèche, séparée par une paroi en verre laissant la lumière pénétrer jusqu’au fond de la pièce qui prend désormais des airs de petite serre…


