Ancien cabinet médical, volumes atypiques, lumière zénithale : la designeuse Pia Chevalier a trouvé le lieu parfait pour donner forme à ses idées. Avec l’architecte Thomas Havet, elle signe un appartement manifeste, aussi créatif que chaleureux. Un cocon arty au cœur de la ville, à l’image de ceux qui l’habitent.
De la rive droite à la rive gauche, Pia, Foucauld et leur fils Alfie changent de décor : direction le 5e arrondissement de Paris, dont l’atmosphère douce, un brin villageoise, les séduit au premier regard. L’appartement, lui, réunit les promesses du coup de cœur inattendu.
« Notre critère non négociable : un lieu ancien, jamais rénové, pour pouvoir s’imprégner de son histoire et tout réinventer. » Ce sera… un ancien cabinet médical.
Tout y invite à l’imaginaire : une configuration peu commune, des volumes généreux, des détails oubliés.
« Bien qu’à vocation professionnelle, et de premier abord très sérieux, le lieu ne manquait pas de surprises… », sourient-ils.
Parmi elles, une étonnante mezzanine conçue par le médecin pour ses enfants, qui serpentait jusqu’à la salle de consultation. Elle inspirera la création d’une chambre d’appoint haut perchée, rendue possible par la belle hauteur sous plafond : 3,80 mètres d’ampleur et de promesses.
La lumière, quant à elle, sculpte l’espace et joue un rôle essentiel. Elle glisse depuis la verrière de toit, se prolonge à travers de hautes fenêtres et vient effleurer un balcon, privilège inattendu pour un premier étage. Ce charme singulier s’explique par l’histoire du bâtiment : un ancien hôtel particulier, dont les proportions et les détails architecturaux témoignent encore d’un certain faste discret.
Pia Chevalier imagine l’appartement comme un laboratoire créatif. Avec la complicité de l’architecte Thomas Havet, elle repense les circulations avec fluidité. L’entrée, trop vaste, devient un geste fort : un mur courbe y dessine un mouvement enveloppant où trône une table sur mesure, cœur sculptural de la pièce de vie.
Le choix des matériaux et des couleurs reflète sa
sensibilité : une palette subtile inspirée des tapisseries seventies du lieu d’origine, des matières texturées, des contrastes assumés. Chaque pièce entame un dialogue entre ses créations et celles d’artistes qu’elle affectionne.
Son coup de cœur ? La salle d’eau pensée comme un boudoir un peu théâtral, un rien irrévérencieux, miroir de l’ensemble : libre, poétique, intensément personnel. Un appartement manifeste, habité par la lumière, la fantaisie et l’intuition.


