Julie et Patrice sont urbains jusqu’à la moelle. Franciliens d’origine, cette digital learning designer et ce développeur aiment la ville, ses théâtres, ses restaurants, ses salles de concert…
En fin de journée, il arrive aux deux quadragénaires, perchés au septième et dernier étage de leur immeuble, de se délecter depuis leur balcon (côté nord) ou depuis leur terrasse (côté sud) de l’animation de la cosmopolite Montreuil ou du soleil qui se couche sur les toits. « Lorsque la nuit est tombée, le côté traversant, assuré par une verrière installée au beau milieu de notre trois-pièces, donne vraiment l’impression d’être au cœur des lumières de la
ville », décrit Julie. Une caractéristique à laquelle la philosophie de Joanne Riachi, l’architecte en charge du projet, n’est pas étrangère. Elle est originaire du Liban et a officié au Brésil, deux pays où « les usages intérieurs se prolongent à l’extérieur, par exemple sur les balcons ou les toits-terrasses ». Elle aime « cette idée d’ancrer l’architecture dans son paysage ». Pas étonnant que Jori, le nom du studio de cette danseuse classique aguerrie
– discipline qui suppose justement d’être bien ancré au sol – fasse référence, en grec ancien, « à l’ancrage et à ce qui traverse le temps ». Concernant cette notion de pérennité, elle a ici fait tomber les plaques de Placoplatre pour révéler les murs de béton préexistants et utilisé de l’acier réemployé. « Cela répondait parfaitement à nos préoccupations environnementales, se félicite Julie. Finalement, nous sommes passés d’un logement vieillot, sombre et cloisonné, à un lieu lumineux offrant davantage d’espace que l’appartement de 50 mètres carrés où nous résidions dans le 20e arrondissement. » Et, puisque le tandem pratique assidûment le télétravail, Joanne Riachi a imaginé des micro-architectures, sortes de petits espaces dans l’espace, qui séquencent sans enfermer. « Cela me permet de passer d’un univers à l’autre et mettre ainsi un peu de vie dans les tâches parfois rébarbatives sur tableau Excel », décrypte Julie. Symbole de cette approche, le meuble de la cuisine, qui définit à lui seul l’un de ces espaces, en constituant à la fois un bar, une bibliothèque et un plan de travail. Le duo peut y recevoir en discutant, cuisinant, prenant l’apéro ou dînant. Car ces deux bons vivants adorent accueillir pour le week-end des amis dans l’une de leurs deux chambres… lorsqu’ils ne sont pas occupés à arpenter la ville !


