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Éloge du mouvement, 80 m² à Paris

Lignes de fuite chez Yida
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80 m² Paris, France Contemporain Mode 2 pièces QSA - Quentin Sommervogel Architecture


Cette Visite Guidée est issue de Sloft Édition 08

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L’adresse est célèbre. Une artère parisienne qui accueillit entre les XVIIIe et XXe siècles moult célébrités de leur époque, telles que la salonnière Léontine Lippmann, ou encore l’architecte en chef de la ville Émile Blois, auteur entre autres de l’iconique piscine de la Butte-aux-Cailles. Cet alignement d’hôtels particuliers de style Art nouveau fut également le décor de la mythique dernière scène de L’Armée des ombres. Entre la place de l’Étoile et le parc Monceau, l’avenue Hoche raconte ainsi une certaine histoire de Paris.

 

C’est là, dans un immeuble en pierre des années 1930, que Yida se porte acquéreur d’un appartement au premier étage. Une localisation idéale pour ce banquier d’affaires, dont les bureaux se trouvent à moins de 500 mètres. Vendu par les enfants d’une retraitée, le bien est plutôt en bon état. Ses parquets, moulures, radiateurs en fonte ainsi que sa cheminée confortent son caractère affirmé mais qu’il semble nécessaire de mieux valoriser. Surtout, la configuration de ce deux-pièces classique de 80 mètres carrés est à adapter à son style de vie. C’est par un ami commun que l’heureux propriétaire rencontre l’architecte Quentin Sommervogel qui, rapidement, dégage la ligne directrice : « Le travail en plan a permis de révéler la possibilité de créer une circulation périphérique dans l’appartement, en plus d’une distribution centrale et traversante. Ainsi, toutes les pièces peuvent posséder deux à trois accès et la lumière circuler librement d’un lieu à l’autre. » Fruit d’une dizaine de versions, la cuisine occupe une place centrale dans le quotidien de Yida. Elle est donc dessinée comme « un objet singulier à la fois esthétique et fonctionnel ».

 

De son repositionnement dans le double séjour découle la nouvelle organisation : la salle de bains est ainsi ramenée au cœur du volume pour libérer les fenêtres côté cour et structurer un noyau central ; un bureau, des rangements, un dressing et une buanderie intègrent son ancien emplacement. Le choix des matériaux participe à la mise en scène des différents espaces, pensés en contraste avec leur usage : baignoire en vis-à-vis de la cheminée en marbre, briques de verre en claustra entre la chambre et la salle de bains, tête de lit carrelée, façades miroir, verrière et portes accordéon… Chaque pas devient ainsi une transition, chaque seuil une perspective nouvelle, chaque détail une histoire recomposée. Une rénovation comme un récit en mouvement.