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Archi sculptée, 54 m² à Paris

L’appartement labo de Johanna et Hugo
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54 m² Paris, France Rétro-contemporain 2 pièces Acte deux studio

Cette Visite Guidée est issue de Sloft Édition 08
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Il fallait avoir de l’intuition, un certain goût du risque et une ténacité à toute épreuve ! Imaginez la réunion de douze lots exigus – de 0,5 à 6 mètres carrés ! –, sous les toits, détenus par dix propriétaires différents, composant un couloir biscornu reliant les deux bâtiments d’un immeuble haussmannien du 10e arrondissement de Paris.

 

Le tout, acheté sans visite préalable (Covid oblige), et après quelques « entretiens d’embauche » avec le syndicat de copropriété, dixit Johanna et Hugo, couple d’architectes d’intérieur, designers téméraires, et heureux propriétaires des lieux. « Notre appartement est le premier projet que nous avons réalisé ensemble, se réjouit Johanna. Nous avions envie de vivre sous les toits, de nous dire que nous pouvions tout transformer, et de faire quelque chose d’un peu expérimental. Et ça l’a vraiment été ! » C’est peu dire, du long et très inhabituel processus d’acquisition au lourd travail de démolition, d’assainissement de la charpente, de reprise de structure, d’agrandissement et de percements de nouvelles ouvertures, en passant par les dépôts de permis… et la force de persuasion dont il aura fallu faire preuve.

 

« Pour récupérer quatre précieux mètres carrés et fluidifier le plan, raconte Johanna, nous avons par exemple réussi à convaincre les vingt propriétaires de l’immeuble de condamner leurs conduits de cheminée pour que nous puissions démolir un mur porteur contenant les arrivées des conduits et faire déposer les vingt cheminées en toiture. » Ténacité, donc. D’autant plus que, dans un lieu comme celui-là, les volumes sont extrêmement complexes à comprendre. « Le plan ne permet pas d’appréhender l’espace : trop de coins, de recoins, de sous-pentes, enchaîne Hugo. Nous avons surtout travaillé en 3D. Nous avons fait les choses au fur et à mesure, avons beaucoup dessiné puis fabriqué sur place. » Bonheur d’être son propre client, donc, de prendre le temps de tout tester (faire des maquettes en empilant seaux et planches pour valider les dimensions et les proportions d’une table par exemple), de tout créer (des agencements au mobilier), de rendre hommage aux artistes et sculpteurs que le couple – par ailleurs chineur compulsif (mais cultivé), doté d’une passion secrète pour le carrelage et la cuisine – affectionne. Et ce, malgré la durée du projet : quatre ans, tout de même. Mais le résultat est là, tout aussi spectaculaire que la démarche. Un vaste espace facetté, fluide, agrandi aussi – « Nous avons acheté 44 mètres carrés mais en avons aujourd’hui 54 », précise Hugo –, dont on a l’impression qu’il en a toujours été ainsi.