Il y a des adresses qui s’imposent comme des évidences. Pour Charles, Harrods Village — ancien garde-meubles d’Harrods sur la Tamise, à Londres — était un vœu ancien qui est devenu réalité. Après un achat avorté, l’annonce de cet appartement surgit : vue sur les jardins, lumière franche, promesse d’une belle vie…
Restait néanmoins à trouver l’architecte capable d’en comprendre l’âme. Anaïs Blehaut, de l’agence daab design, capte d’emblée le désir d’un lieu sensoriel et sensible. Charles rêvait de moulures ; elle réoriente le projet vers l’esprit, plus juste, d’entrepôt. Lignes claires, gestes francs, matériaux vrais.
Autour de grandes tables, ils touchent, trient, resserrent. Gemmologue, Charles aime les pierres mais Anaïs lui ouvre aussi le monde du bois, des patines et des niveaux de tolérance… forcément différents entre joaillerie et bâtiment ! « Nous avons agrandi l’appartement en longueur et en hauteur », résume l’architecte. Le faux plafond disparaît, le plan est repensé pour libérer les quatre grandes fenêtres cintrées en acier. Les portes s’alignent avec les arches, les menuiseries en miroir prolongent les perspectives, des modules sur mesure unifient l’espace au lieu de le découper. Sous les pas, un parquet blanchi ; pour les plans de travail comme pour habiller les salles d’eau, du calcaire et de la pierre de lave. Un luxe discret, précis.
L’appartement retrouve son caractère : on y dîne, expose, vit. Ouvert et intime à la fois, il reflète autant l’histoire du bâtiment que la main de l’architecte — et la personnalité de Charles, qui aime y travailler. « Vivre dans du beau est inspirant pour créer du beau », résume-t-il.

































