Direction le 13ᵉ arrondissement de la capitale, entre Tolbiac et la Butte-aux-Cailles, pour découvrir l’appartement lumineux signé par l’architecte d’intérieur et designeuse polyvalente Pauline Ravier. Entre héritage 1900 et modernité assumée, ce cocon, qu’elle vient tout juste de céder, incarne parfaitement son sens du détail et de la matière.
C’est dans un immeuble 1900 que Pauline Ravier a acheté et entièrement transformé un appartement de 53 mètres carrés, figé dans le temps, en un bijou de modernité où chaque détail compte. « Je voulais préserver l’âme du lieu tout en lui donnant une cohérence contemporaine », confie l’architecte d’intérieur formée à La Cambre, à Bruxelles.
L’appartement, dans son jus avant les travaux, se présentait comme un dédale de petites pièces, dont une cuisine triangulaire, très étriquée. Naturellement, Pauline a décloisonné les espaces pour ouvrir la cuisine sur le séjour, agrandir l’espace de vie et y laisser jaillir la lumière. Les moulures, les boiseries, les marbres des cheminées et même quelques poignées de portes ont pu être conservés et restaurés. Le mobilier chiné dialogue avec des pièces de galerie et d’autres conçues sur mesure pour l’appartement. De la cuisine en passant par la chambre et la salle de bains : chaque pièce a son meuble pensé pour elle et ce, dans les moindres détails. À l’instar des arrondis des tablettes du salon : « J’ai du mal avec les bords tranchants, j’aime les formes qui adoucissent l’espace », confesse Pauline.
Et dans ce refuge typiquement parisien, un fil conducteur relie tout le projet : le bleu, du fabricant Ressource. En version nuit profonde Le Crépuscule dans la chambre et décliné en teintes plus claires dans les autres pièces de l’appartement. Ce jeu de nuances crée une atmosphère apaisante, révélée par les reflets chauds du vitrail réalisé par l’artisan Franck De Marco, fondateur d’Absoluverre, qui trône en pièce maîtresse dans le salon. Cette création entièrement conçue sur mesure mêle le verre flûté, le verre bullé et le verre cathédrale dans des tons ocre et bleutés et se colore au fil du jour. « La vue est dégagée, le matin c’est magnifique : la lumière dorée entre et baigne les pièces de vie, avec un jeu de couleurs sublime. »
La salle de bains dévoile, elle, une faïence graphique dans une peinture bleue Le Matin qui tranche avec la chambre à coucher attenante. « Mon seul regret ? Ne pas avoir osé encore plus de couleurs », admet Pauline. Un pari qu’elle réserve à son prochain chantier, déjà en préparation. D’ici là, cet appartement restera la première empreinte sensible d’une créatrice qui aime faire dialoguer passé et présent avec douceur et précision.


