La loi Carrez annonçait 52 mètres carrés ; le dernier étage, lui, avait autre chose à raconter… Accompagnés d’Elau Studio, Margot et Stan repensent ce trois-pièces des années 1930, situé à Asnières-sur-Seine, pour en révéler tout le volume. Plus fluide, plus doux, l’appartement prend peu à peu les airs d’une maison perchée, où chaque mètre gagné trouve un nouvel usage.
À première vue, l’appartement avait déjà cette qualité rare des derniers étages : une lumière traversante, des perspectives dégagées et des combles comme une promesse d’échappée. Mais derrière cette clarté, l’organisation restait figée dans un plan en étoile typique des années 1930. Depuis l’entrée, chaque espace se distribuait séparément. Même le séjour, issu de la réunion de deux anciennes pièces, conservait encore deux portes d’accès, comme si l’ancien découpage résistait.
Le brief des propriétaires tenait donc à un geste évident :
« Déplacer la cuisine dans le salon afin de libérer de l’espace à l’emplacement de l’ancienne » et « apporter plus de convivialité à la pièce de vie. » Margot et Stan imaginent alors installer un dressing à la place de cette ancienne cuisine. Mais au fil des esquisses, Elau Studio inverse la logique. Puisque la pièce a une fenêtre, autant y glisser la salle d’eau et lui offrir le luxe de la lumière naturelle. À partir de ce choix, l’appartement trouve son évidence. Le dressing se niche dans l’ancienne pièce d’eau, la cuisine rejoint le séjour et se prolonge sous l’escalier existant. Le projet ne cherche pas à bouleverser l’appartement, mais à dénouer ce qui le contraignait : « En modifiant ce plan en étoile, l’intérieur a gagné en fluidité et en espace », résume le duo de conceptrices, Élise Mariani et Laurine Petitjean.
Ce nouvel équilibre tient dans une palette claire, presque en retrait, qui laisse respirer les volumes. La cuisine blanche se glisse sous l’escalier, la salle d’eau s’adoucit dans des tons beiges, le parquet retrouve la nuance de l’ancien. À l’étage, le sapin peint en blanc capte la lumière sous les combles. Puis c’est à Margot et Stan de donner au lieu son supplément d’âme. Margot chine, Stan accompagne, les objets trouvent leur place sans jamais figer le décor. Des meubles aux matières chaleureuses, quelques pièces choisies, et un linge de lit soigné viennent troubler la blancheur et donner au lieu sa chaleur. Peu à peu, l’appartement quitte l’image du simple trois-pièces urbain. Il devient, selon les mots du studio : « Une maison de campagne, mais perchée en haut d’un immeuble, où l’on se sent immédiatement bien ! »
























